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Presse
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06.07.2011. Prêter l’oreille la nuit aussi (La Libre Belgique)
Télé-accueil est au bout du fil 24 h/24. La nuit, le mal-être est exacerbé.
"Etre là pour ceux qui se sentent trop seuls, trop démunis durant la nuit, répondre à celui qui ne veut ou ne peut affronter ses angoisses dans la solitude et le noir, c’est essentiel. Les problèmes ne connaissent pas l’horaire jour/nuit "
Voici plus de 30 ans que les bénévoles de Télé-accueil (NdlR : répartis en six postes : Bruxelles, Namur-Brabant wallon, Charleroi, Mons-Hainaut, Luxembourg et Liège) offrent 24 h sur 24 une écoute téléphonique anonyme et gratuite à tout qui ressent le besoin de parler, se confier, briser la solitude, partager ses joies et souffrances.
A l’occasion de l’Année européenne du volontariat, Télé-accueil Bruxelles a souhaité braquer les projecteurs "sur cette activité bénévole peu commune" et "mettre à l’honneur les volontaires qui restent éveillés la nuit pour ceux qui en ont besoin".
En 2010, Télé-accueil Bruxelles a reçu pas moins de 201 176 appels entrants, soit 551 appels en moyenne par jour. Certes, les appelants forment majoritairement le numéro 107 en journée et surtout en soirée, mais la sonnerie des téléphones continue aussi de retentir la nuit tombée. Télé-accueil Bruxelles a ainsi enregistré 37 703 appels entrants (18,7 % des appels) entre 00h00 et 7 h du matin, soit une moyenne de 103 appels par nuit.
Y a-t-il une différence entre les appels de jour et les appels de nuit ?, s’est interrogé Télé-accueil Bruxelles. "En observant toutes nos données statistiques et en comparant le jour et la nuit, nous avons pointé certaines différences, explique Véronique Van Espen, directrice de Télé-accueil Bruxelles. Nous avons ainsi remarqué que dans les thèmes d’appels, les appels de nuit sont davantage liés à des problèmes de santé mentale : dépression, angoisse, mal-être Ce sont donc des choses plus lourdes qui se disent la nuit que la journée".
Et cet écoutant de confirmer : "Il y a une propension à des appels plus chargés d’émotions et de mal-être du fait simplement que l’appelant ne dort pas, et souvent à cause de ce qui le préoccupe". "La nuit, tout est amplifié. Les angoisses sont exacerbées, le mal-être et la solitude aussi. Et puis, déjà en soirée, tous les autres services sont fermés. Il n’y a donc quasi pas d’endroits où l’on peut parler la nuit", poursuit la directrice.
Quant au profil des appelants, "il y a peu de différence, indique-t-elle. Il y a un peu plus de femmes, ce qui est déjà le cas tout le temps à Télé-accueil, mais la nuit, cela l’est peut-être encore plus".
A ce jour, 25 bénévoles sont au bout du fil pendant la nuit chez Télé-accueil Bruxelles. "C’est peu pour les 365 nuits d’une année !", relève l’association, qui recherche des écoutants volontaires de nuit mais aussi de jour pour l’ensemble de ses six postes. "Toute personne intéressée peut faire la démarche auprès de nos services. L’écoute est un engagement sérieux qui requiert des qualités d’ouverture d’esprit et de tolérance. Chaque candidat est donc préalablement formé et bénéficie aussi d’une formation continue", conclut Véronique Van Espen.
St. Bo.
10.08.2010. Télé-Accueil cherche oreilles bienveillantes (Le Soir)
Plus de 50.000 coups de fil ont atterri au standard en 2009. Par manque d'oreilles, beaucoup d'appels restent sur le carreau. L'ASBL recrute des écoutants bénévoles.
Fondée à la fin des années 50 par le chanoine Van Schoubroek pour administrer aide et conseils moraux, l'ASBL Télé-Accueil a depuis changé son oreille d'épaule. Aujourd'hui, l'équipe pluraliste ne se veut plus guide mais à l'écoute. Et rien qu'à l'écoute.
A l'autre bout du fil ou du clavier : Monsieur et Madame Tout-le-monde en galère sociale, morale ou psychologique. Qui, via le net ou le numéro 107, ont l'occasion de mettre des mots sur leurs maux. Et la demande est forte : les 90 écoutants bénévoles de l'association ne sachant plus où donner de l'oreille. En 2009, plus de 50.000 appels ont été pris en charge par les membres de l'équipe qui œuvre 24h/24 et 7 jours sur 7. Pour eux, la solitude, ça n'existe pas : le téléphone chauffe tellement que, selon l'ASBL, près de trois quarts des appels ne pourraient être « décrochés ». « C'est endémique, nous sommes toujours débordés, entame Véronique Van Espen, la directrice de Télé-Accueil Bruxelles. Ce qui signifie, d'une part, que la détresse est importante à Bruxelles et que beaucoup n'ont personne à qui en parler. Et, d'autre part que nous n'avons pas assez d'écoutants pour répondre à toutes les demandes. »
Appel est donc lancé à celles et ceux qui se sentent prêts à consacrer un peu de temps aux personnes en souffrance. Le profil ? Habiter Bruxelles. Et avoir au moins 21 ans, histoire d'avoir acquis une certaine maturité, une expérience de vie. Avec une qualité primordiale : l'ouverture d'esprit. Au rayon disponibilité, les candidats doivent pouvoir assurer une permanence hebdomadaire de 4 à 5 heures. « Plus les profils sont diversifiés plus cela s'avère intéressant pour ceux qui nous appellent, précise la directrice qui, à l'heure où la demande ne cesse d'augmenter, croit plus que jamais aux vertus de l'écoute. Qui permet d'exprimer un ressenti et de l'articuler grâce à la voix. Le simple d'en parler permettant parfois de délier un nœud. On en a tous déjà fait l'expérience. »
Repères
Plus rose que bleu Selon les chiffres de 2009, les femmes seraient plus nombreuses à former le numéro 107 (57,3 %) que leurs homologues masculins (42,7 %). Un écart qui semble se lisser au fil du temps (71,2 % d'appelantes en 1979). Pour l'homme comme pour la femme, la première cause d'appel est l'angoisse (3.632 appels) devant l'état de solitude et la dépression. Les quadras en tête La tranche des 40/49 ans est la plus représentée (23,8 %) devant les quinquas (19,7). On compte aussi depuis 1994 des moins de dix ans (0,3 %). Contacts Si vous souhaitez rejoindre l'équipe de bénévoles, la prochaine sélection aura lieu en septembre : 02 – 538.49.21. Pour bénéficier de l'écoute : le 107 (gratuit) ou www.chat-accuil.org.
Patrice Leprince
13.07.2010. 140 000 appels sans réponse (La Libre Belgique)
Les bénévoles manquent au bout du fil. Télé-accueil lance un appel à candidature. Que ce soit par téléphone ou internet, la demande d’écoute ne cesse de croître.
Le constat est alarmant : près des trois quarts des appels entrants à l’ASBL "Télé-Accueil Bruxelles" ne reçoivent pas l’écoute souhaitée et ce malgré les 90 bénévoles actuels. "En 2009, quelque 51 000 appels ont été décrochés sur un total de 190 000 reçus", précise Violaine Léonard, chargée de communication à l’ASBL "Télé-Accueil Bruxelles". Pour pallier une demande grandissante d’écoute de la part de la population bruxelloise, l’association recrute de nouveaux écoutants prêts à offrir du temps et de l’attention.
Depuis plus de 50 ans, "Télé-Accueil Bruxelles" propose l’écoute à toute personne en détresse ou en difficulté sur le plan moral, social ou psychologique. Sous garantie de confidentialité et dans l’anonymat le plus total, les lignes du numéro gratuit 107 sont disponibles 24h/24 et 7 jours sur 7. Au cours d’une journée, deux pics sont à constater : en matinée, de 10 à 11 heures du matin et en soirée, de 20 heures à minuit. "Nous sommes aussi davantage sollicités lors d’importants faits d’actualité, comme lors de la catastrophe ferroviaire de Buizingen", précise Bernard, bénévole depuis cinq années. Force est de constater pourtant que les deuxième et troisième appels sonnent régulièrement dans le vide.
Agé d’une quarantaine d’années, Bernard additionne cette activité gratuite et solidaire à sa profession. "Je suis à l’écoute en dehors de mes heures de travail, en soirée ou le week-end", ajoute-t-il. Lorsqu’on lui demande quelles ont été ses motivations, Bernard répond : "Je suis sensible à la psychologie et j’ai éprouvé le besoin d’avoir une activité parallèle à ma profession".
Au préalable, Bernard comme les autres bénévoles de "Télé-Accueil Bruxelles" a reçu une formation particulière à l’écoute. Une fois passée cette sensibilisation, les nouveaux écoutants, âgés au minimum de 21 ans, sont amenés à assurer quatre heures de permanence téléphonique par semaine. Après une année d’expérience en la matière, ils peuvent également se former à la communication écrite via le Chat-Accueil, l’autre medium utilisé par l’association pour entrer en contact avec les appelants. "Personnellement, je préfère le contact passant par la voix et les silences", avoue Bernard.
Deux heures par mois, chaque bénévole participe également à un groupe de supervision au cours duquel il peut échanger son expérience et surtout extérioriser ses émotions. "Je me sens souvent démuni face à la solitude des personnes âgées. Il s’agit d’un motif récurrent des appels", confie le bénévole.
Mais les recommandations faites par l’association sont claires : l’écoute se veut sans jugement mais surtout sans conseil. Bernard l’explique "Physiquement parlant, nous ne pouvons rien faire. Nous prêtons juste notre oreille et notre temps".
F. L. (st.)
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