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10.08.2010. Télé-Accueil cherche oreilles bienveillantes (Le Soir)

Plus de 50.000 coups de fil ont atterri au standard en 2009. Par manque d'oreilles, beaucoup d'appels restent sur le carreau. L'ASBL recrute des écoutants bénévoles.

Fondée à la fin des années 50 par le chanoine Van Schoubroek pour administrer aide et conseils moraux, l'ASBL Télé-Accueil a depuis changé son oreille d'épaule. Aujourd'hui, l'équipe pluraliste ne se veut plus guide mais à l'écoute. Et rien qu'à l'écoute.

A l'autre bout du fil ou du clavier : Monsieur et Madame Tout-le-monde en galère sociale, morale ou psychologique. Qui, via le net ou le numéro 107, ont l'occasion de mettre des mots sur leurs maux. Et la demande est forte : les 90 écoutants bénévoles de l'association ne sachant plus où donner de l'oreille. En 2009, plus de 50.000 appels ont été pris en charge par les membres de l'équipe qui œuvre 24h/24 et 7 jours sur 7. Pour eux, la solitude, ça n'existe pas : le téléphone chauffe tellement que, selon l'ASBL, près de trois quarts des appels ne pourraient être « décrochés ». « C'est endémique, nous sommes toujours débordés, entame Véronique Van Espen, la directrice de Télé-Accueil Bruxelles. Ce qui signifie, d'une part, que la détresse est importante à Bruxelles et que beaucoup n'ont personne à qui en parler. Et, d'autre part que nous n'avons pas assez d'écoutants pour répondre à toutes les demandes. »

Appel est donc lancé à celles et ceux qui se sentent prêts à consacrer un peu de temps aux personnes en souffrance. Le profil ? Habiter Bruxelles. Et avoir au moins 21 ans, histoire d'avoir acquis une certaine maturité, une expérience de vie. Avec une qualité primordiale : l'ouverture d'esprit. Au rayon disponibilité, les candidats doivent pouvoir assurer une permanence hebdomadaire de 4 à 5 heures. « Plus les profils sont diversifiés plus cela s'avère intéressant pour ceux qui nous appellent, précise la directrice qui, à l'heure où la demande ne cesse d'augmenter, croit plus que jamais aux vertus de l'écoute. Qui permet d'exprimer un ressenti et de l'articuler grâce à la voix. Le simple d'en parler permettant parfois de délier un nœud. On en a tous déjà fait l'expérience. »

Repères

Plus rose que bleu
Selon les chiffres de 2009, les femmes seraient plus nombreuses à former le numéro 107 (57,3 %) que leurs homologues masculins (42,7 %). Un écart qui semble se lisser au fil du temps (71,2 % d'appelantes en 1979). Pour l'homme comme pour la femme, la première cause d'appel est l'angoisse (3.632 appels) devant l'état de solitude et la dépression.  
Les quadras en tête
La tranche des 40/49 ans est la plus représentée (23,8 %) devant les quinquas (19,7). On compte aussi depuis 1994 des moins de dix ans (0,3 %).  
Contacts
Si vous souhaitez rejoindre l'équipe de bénévoles, la prochaine sélection aura lieu en septembre : 02 – 538.49.21. Pour bénéficier de l'écoute : le 107 (gratuit) ou www.chat-accuil.org.

Patrice Leprince


13.07.2010. 140 000 appels sans réponse (La Libre Belgique)

Les bénévoles manquent au bout du fil. Télé-accueil lance un appel à candidature. Que ce soit par téléphone ou internet, la demande d’écoute ne cesse de croître.

Le constat est alarmant : près des trois quarts des appels entrants à l’ASBL "Télé-Accueil Bruxelles" ne reçoivent pas l’écoute souhaitée et ce malgré les 90 bénévoles actuels. "En 2009, quelque 51 000 appels ont été décrochés sur un total de 190 000 reçus", précise Violaine Léonard, chargée de communication à l’ASBL "Télé-Accueil Bruxelles". Pour pallier une demande grandissante d’écoute de la part de la population bruxelloise, l’association recrute de nouveaux écoutants prêts à offrir du temps et de l’attention.

Depuis plus de 50 ans, "Télé-Accueil Bruxelles" propose l’écoute à toute personne en détresse ou en difficulté sur le plan moral, social ou psychologique. Sous garantie de confidentialité et dans l’anonymat le plus total, les lignes du numéro gratuit 107 sont disponibles 24h/24 et 7 jours sur 7. Au cours d’une journée, deux pics sont à constater : en matinée, de 10 à 11 heures du matin et en soirée, de 20 heures à minuit. "Nous sommes aussi davantage sollicités lors d’importants faits d’actualité, comme lors de la catastrophe ferroviaire de Buizingen", précise Bernard, bénévole depuis cinq années. Force est de constater pourtant que les deuxième et troisième appels sonnent régulièrement dans le vide.

Agé d’une quarantaine d’années, Bernard additionne cette activité gratuite et solidaire à sa profession. "Je suis à l’écoute en dehors de mes heures de travail, en soirée ou le week-end", ajoute-t-il. Lorsqu’on lui demande quelles ont été ses motivations, Bernard répond : "Je suis sensible à la psychologie et j’ai éprouvé le besoin d’avoir une activité parallèle à ma profession".

Au préalable, Bernard comme les autres bénévoles de "Télé-Accueil Bruxelles" a reçu une formation particulière à l’écoute. Une fois passée cette sensibilisation, les nouveaux écoutants, âgés au minimum de 21 ans, sont amenés à assurer quatre heures de permanence téléphonique par semaine. Après une année d’expérience en la matière, ils peuvent également se former à la communication écrite via le Chat-Accueil, l’autre medium utilisé par l’association pour entrer en contact avec les appelants. "Personnellement, je préfère le contact passant par la voix et les silences", avoue Bernard.

Deux heures par mois, chaque bénévole participe également à un groupe de supervision au cours duquel il peut échanger son expérience et surtout extérioriser ses émotions. "Je me sens souvent démuni face à la solitude des personnes âgées. Il s’agit d’un motif récurrent des appels", confie le bénévole.

Mais les recommandations faites par l’association sont claires : l’écoute se veut sans jugement mais surtout sans conseil. Bernard l’explique "Physiquement parlant, nous ne pouvons rien faire. Nous prêtons juste notre oreille et notre temps".

F. L. (st.)


06.07.2010. Le 107 manifeste sa propre détresse (La Dernière Heure)

Télé-Accueil en pénurie de bénévoles. 

SOCIAL Télé-Accueil Bruxelles reçoit de plus en plus d’appels de personnes en détresse relationnelle, psychologique ou morale. À tel point qu’à peine 51.000 appels entrants sur 190.000 peuvent être pris en charge par les bénévoles du centre.

Selon Véronique Van Espen, directrice de l’ASBL, “il y a deux réalités qui se dégagent de notre propre expérience et dans nos statistiques. Tout d’abord, on distingue une croissance aiguë de la détresse des Bruxellois. Chacun passe par des hauts et des bas dans sa vie, quoi de plus normal ! Mais depuis quelques années, on note clairement que les gens ne se confient plus si facilement, ils ont plus de mal à exprimer leurs soucis personnels au sein de leur propre entourage.”

D’où, sûrement , cette augmentation d’appels chez Télé-Accueil. Et malgré les 90 bénévoles que compte le centre et son service de chat en ligne, il faudrait renforcer les troupes pour faire face à toutes les demandes. “Nos bénévoles suivent une formation initiale à l’écoute auquel s’ajoute la formation continue. Le but est de se familiariser à l’écoute des gens, mais aussi de réfléchir à ses propres aptitudes, ressources, limites et émotions”, explique Véronique Van Espen.

Fondé en 1959, Télé-Accueil Bruxelles s’est donné pour but l’écoute pluraliste, dans l’anonymat et sans jugement. Avec un numéro simple à retenir, le 107.

Y. D.


09.11.2009. Télé-Accueil : 50 ans d’écoute (La Libre Belgique)

L’association fête, ce lundi, son demi-siècle d’existence. Sept jours sur sept et 24 h/24, 400 bénévoles proposent une écoute aux personnes en mal-être.

Je n’en peux plus. Je suis au bout du rouleau." "Vous ne pouvez pas savoir comme je suis seule ce soir J’ai vraiment besoin d’entendre une voix." "J’ai envie de tout casser." "Je ne sais pas à qui parler Dans ma famille, on ne va pas me comprendre." Chaque jour, 24 h/24, les quelque 400 bénévoles de Télé-Accueil en Communauté française proposent une écoute téléphonique (au numéro 107) anonyme, confidentielle et gratuite aux personnes en détresse morale, sociale ou psychologique qui désirent parler à quelqu’un (1).

Un service qui existe depuis 50 ans très exactement, puisque c’est le 9 novembre 1959 que le premier centre d’écoute, Télé-Accueil Bruxelles, a vu le jour. "Télé-Accueil Bruxelles a été créé par le chanoine R. Van Schoubroek au lendemain de l’Expo universelle de 1958", raconte Véronique Van Espen, directrice depuis près de 10 ans de Télé-Accueil Bruxelles. "La Ville avait été modifiée : les boulevards sont devenus des autoroutes urbaines, les immeubles prennent de la hauteur, le Marché commun vient de naître, on consomme avec fierté et bonheur, etc. Mais une détresse commençait à pointer : l’anonymat des foules, les gens perdus dans la masse, la solitude en ville", poursuit-elle. Consciente de cette détresse, "l’Interpastorale bruxelloise décide alors d’ouvrir une permanence téléphonique d’écoute" : Télé-Accueil Bruxelles est né. L’offre sera ensuite étoffée avec la création de cinq autres centres francophones de Télé-Accueil : Charleroi, Hainaut, Liège, Luxembourg et Namur-Brabant wallon.

Alors que notre société porte aux nues les nouvelles technologies de l’information et la communication, nombre de citoyens souffrent de plus en plus de solitude et d’isolement, se retrouvent coupés de tout échange avec autrui. "On n’écoute pas assez et pas assez bien. Les contacts humains se perdent", déplore Véronique Van Espen. Ainsi, alors que le centre de Télé-Accueil Bruxelles recevait en moyenne 10 appels par jour dans les années 65-69, ce sont 134 appels quotidiens qui ont été enregistrés en 2008. Au total, les six centres ont reçu 158 105 appels en 2008, soit 2 % de plus qu’en 2007. Et les thèmes abordés sont très divers avec, toutefois, selon les statistiques, une prédominance des problèmes de santé mentale (dépression, angoisse, délire), des difficultés relationnelles (dans le couple, la famille, l’entourage, ), du sentiment de solitude ou des problèmes de santé physique. Quant aux appelants, il s’agit majoritairement de femmes (64 %), avec une augmentation des femmes issues de l’immigration; de personnes seules (62 %); de citoyens âgés entre 45 et 65 ans - "même si avec l’utilisation du GSM, il y a plus de jeunes qui appellent qu’auparavant", relève Véronique Van Espen - et de personnes à revenu de remplacement (48 %).

"Derrière le mot "écoute" et le travail que développe Télé-Accueil depuis 50 ans, il y a une certaine conception de l’homme, une certaine éthique", insiste la directrice. A savoir : "Cette éthique, c’est l’idée qu’en chaque personne, il y a la potentialité d’avancer. Par l’écoute qui lui est proposée, la personne en difficulté pourra faire son chemin elle-même." A Télé-Accueil, "on se centre davantage sur ce que la personne raconte et vit que sur son problème. Au-delà des paroles, on écoute l’émotion que la personne vit à ce moment-là", explique Véronique Van Espen. Les écoutants doivent donc se garder d’émettre tout jugement ou conseil, "ce qui n’est pas facile", reconnaît la directrice.

C’est pourquoi les candidats bénévoles bénéficient d’une formation de 25 heures, basée sur des jeux de rôle, avant d’être sélectionnés. Les écoutants retenus réalisent ensuite un stage d’écoute de trois mois au terme duquel ils sont évalués, avant éventuellement de signer une convention de bénévolat d’un an. Chaque mois, ils assurent alors une permanence de 16 heures et participent, à raison de deux heures, à un groupe de supervision, encadré par un psychologue, afin de confronter leur expérience d’écoute avec celle des autres bénévoles. Robert, retraité, est bénévole depuis quatre ans. Pour lui, être écoutant, c’est avant tout "respecter la parole quelle qu’elle soit, sans juger". "En outre, la formation continue dont nous bénéficions est très importante, car elle colle à la réalité de ce que nous avons vécu en tant qu’écoutant." Il sourit, enthousiaste : "Etre bénévole à Télé-Accueil, c’est une source d’enrichissement extraordinaire. C’est une école de vie, et c’est cela qui motive la majorité des écoutants."

(1) Depuis 2005, Télé-Accueil propose une écoute par Internet sur www.chat-accueil.org



 
 
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